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Introduction Partie I Partie II Partie III Conclusion

Le tir à l'arc :

Etude socio-ethnographique d'un groupe d'archers

de la banlieue parisienne

 

Sommaire

IV. Conclusion
Bibliographie
Annexes
    guide d’entretien
    entretien
    Questionnaire
    Résultats

 

 

IV. Conclusion

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L’étude ethno-sociologique est un bon moyen de rendre compte de la multiplicité des pratiques sportives qui peuvent cohabiter au sein d’une association. Le club de Saint-Cloud est en effet un remarquable exemple, associant traditions et entraînement sportif, et s’ouvrant ainsi à un large public. Car l’existence de ces structures mixtes, appelées " clubs " permet depuis peu aux classes moyennes et supérieures de découvrir ce sport, comme par une sorte de " démocratisation " par le haut.

 

Le tir à l’arc illustre la liaison entre la culture et le jeu démontrée par Huizinga et Caillois. La pratique militaire et organisée de cette arme a donné naissance à une véritable culture archeresque. On peut voir, en allant dans le Valois (à une cinquantaine de kilomètres au nord de Paris) au milieu des anciens champs de bataille de la guerre de Cent ans, des villages entiers empreints de ces traditions. Le splendide Musée de l’Archerie de Crépy-en-Valois en fait foi.

Il n’est pas sûr que l’évolution moderne puisse dissoudre cette culture archeresque. Elle pourrait même, ce qui est frappant, lui donner de l’essort par l’authenticité rustique qui s’en dégage, qui attire les classes intellectuelles.

 

 

Bibliographie

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AVON-COFFRANT Françoise, Arc, sport chasse loisir, Ed. Amphora, Paris, 1993

BIENMILLER Daniel, La Chevalerie de l’Arc à Dole au XVIIIème siècle, Dole, 1972

BRASSAT Bernard, La Belle Histoire du Noble Jeu de l’Arc en pays de Brie, Ed. Amattéis, 1991

BENETON Philippe, Les classes sociales, Que sais-je, PUF, Paris, 1991

de BERTHIER Albert, Le tir à l’arc, Hachette, Paris, 1900

BOURDIEU Pierre, La distinction, Les Editions de Minuit, Paris, 1979;

La reproduction, 1970, même édition

Bulletin de Liaison et d’Information des Chevaliers du Pays de France, Trait, numéros 2, 3 et 4 (1992, 93, 94)

COCHE Jean-Marie, La discipline du tir à l’arc instinctif souple, Ed. Passas et Deloche, 1991

DUBAY Pierre, Arc et Arbalète, Ed. Albin Michel, Paris, 1978

DUCHATEL Claude, Préparation mentale et physique pour la compétition, Document du regroupement des entraîneurs, 1994, I.N.S.E.P.

F.F.T.A. (Fédération Française de Tir à l’Arc), Evolution des effectifs de nos licenciés, résultats et tendances de la saison 1993-94, juillet 1995

 

Dossier de presse 1995/96

DEMAZIERES Jean-Louis (greffier de la Compagnie de Saint-Pierre-Montmartre), Recueil des us et coutumes dans les compagnies d’arc de la région parisienne, publication interne, 1991

Famille de Noisy-le-Sec, Tir à l’arc, chevalerie et traditions, publication interne, 1989

FERRIOU Carole, FLUTE Sébastien, FRERE Laurence, Tir à l’arc, Ed. Robert Laffont, Paris, 1992

GOUBLE Philippe, La tradition du tir à l’arc, Paris, 1995

ainsi qu’un grand nombre de documents prêtés gracieusement (je l’en remercie) par Mr. Gouble, conservateur du Musée de l’Archerie de Crépy-en-Valois

HARDY Robert, Le Grand Arc, histoire militaire et sociale des archers, Denoël-Edita, Lausanne, 1976

HERRIGEL E., Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc, Ed. Dervy-livres, Paris 1970-81

HUIZINGA Johan, Homo ludens, essai sur la fonction sociale du jeu, Editions Gallimard, Paris, 1951

INSEE, Les pratiques de loisir, enquête 1987-1988, Consommation - modes de vie n°1/1989

JERIDI Zakaria, note critique " Les mirages du sacré... Le rite et la religiosité revisités ", Cahiers internationaux de Sociologie, vol. 100 [151-161], 1996

LAPLAIGE Pierre, Glossaire de l’arc et de l’arbalète, F.F.T.A., 1958

LE WITA Béatrix, Ni vue ni connue. Approche ethnographique de la culture bourgeoise, Maison des Sciences de l’Homme, Paris, 1988

LOCQUENEAUX Lionel, Les Chevaliers du Noble Jeu de l’Arc, un ésotérisme populaire, maîtrise soutenue à l’université de Paris VII sous la direction de M. Gruau, 1995

MICHON Bernard, " Aspects socio-économiques du prix de la pratique du sport ", p 153, in Le sport moderne en question, innovation et changements sociaux, textes réunis par Pierre ARNAUD, édité par l’AFRAPS, octobre 1990

NAYROLE Michaël, SIMON Francis, Le tir à l’arc, Ed. Denoël, Paris, 1990

PARLEBAS Pierre, Eléments de sociologie du sport, PUF, Paris, 1986

REVENU Daniel, THOMAS R., L’escrime, coll. Que sais-je?, PUF, Paris, 1992

RIVIERE Claude, Rites profanes, PUF, Paris, 1995

ROTH Robert, Histoire de l’Archerie, Arc et Arbalète, Ed. Max Chaleil, 1992

RYCKEWAERT Marc, L’arc de jadis, 1989

SAINT-OLIVE Paul, Les chevaliers tireurs de Villefranche, Ed. Lacour, Nîmes, 1992 (réimpression de l’édition de 1862)

SINSOILLIEZ J.-C., La vie des formes du noble jeu de l’arc, maîtrise S.S.A.T. soutenue à l’université d’Aix-Marseille II sous la direction de P. Barrau (non datée, mais probablement de la fin des années 1980)

Société des Amateurs et Animateurs de Folklore Aubois (S.A.A.F.A.), Le noble jeu de l’arc, bulletin trimestriel n° 20, février 1969

Société des Amateurs de Folklore et Arts Champenois (S.A.F.A.C.), Folklore de Champagne, les archers, bulletin trimestriel n° 64, mars 1979 (version de 1969 revue et corrigée)

THOMAS Raymond, Sociologie du sport, Que sais-je n° 2765, PUF, Paris, 1993

Histoire du sport, Que sais-je n° 337, Paris, 1991

WARNIER Jean-Pierre ed., Le paradoxe de la marchandise authentique, L’Harmattan, Paris, 1994

 

 

Annexes

  

guide d’entretien

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- Comment es-tu arrivé au tir à l’arc? (A quel âge, dans quelles circonstances? Pourquoi avoir choisi ce sport, qu’est-ce qui t’y a d’abord attiré?)

- Qu’est-ce que le tir à l’arc pour toi? Un sport simplement, un ensemble de traditions, un mode de vie...

- Comment es-tu devenu chevalier? Par quel cheminement spirituel...

- Que représente pour toi le fait d’être chevalier?

- Qu’est-ce qui te plaît le plus dans la chevalerie?

- Pourrais-tu appartenir à n’importe qu’elle compagnie?

- Pourquoi avoir choisi ce club? Qu’est-ce qu’il a de particulier? Qu’est-ce qui lui manque?

- Trouves-tu qu’il y a une certaine homogénéité parmi les archers du club? Peux-tu faire le portrait de l’archer-type?

- D’habitude c’est dans les compagnies qu’il y a des chevaliers, pas dans les clubs. Comment expliquer cela? Y a-t-il actuellement un développement de la chevalerie hors des compagnies (ou le contraire) ?

- Est-ce propre aux villes ou y a-t-il autant de chevaliers à la campagne?

- La chevalerie a-t-elle un rôle social à jouer à notre époque?

- Quelles relations ont les chevaliers entre eux, entre compagnies, entre clubs?

- Parlez-vous de la chevalerie en famille?

- Quel rapport avez-vous à la tradition, à l’histoire, aux origines de la chevalerie et du tir à l’arc?

- Penses-tu qu’il y ait une continuité entre la pratique du tir à l’arc d’autrefois et celle d’aujourd’hui?

 

 

entretien

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Pourrais-tu d’abord te présenter?

Oui, je m’appelle Gérard G., j’ai 44 ans, je suis éducateur sportif de tir à l’arc depuis octobre 95, je suis marié, j’ai un enfant de 18 ans.

 

Comment es-tu arrivé au tir à l’arc? Comment as-tu eu l’idée d’en faire?

C’est une reconversion sportive suite à un problème médical: j’ai eu une hernie discale avec sciatique paralysante. Avant, j’ai pratiqué la voile, le judo, le rugby, des sports déconseillés quand on a des problèmes dorsaux. J’ai voulu continuer le sport, notamment le tir proprement dit, puisqu’à l’armée j’ai fait du tir de compétition: j’étais tireur d’élite au tir à la carabine. J’ai voulu recommencer le tir car cela me plaisait, et comme dans la famille j’avais quelqu’un champion de tir à la carabine, un arrière grand-père, je crois, un grand-oncle...

 

C’était une tradition familiale?

Non, pas spécialement. J’ai eu ce désir de reprendre le tir et puis ma femme a eu le désir de découvrir le tir à l’arc.

 

Vous avez commencé ensemble?

Oui, je ne pourrais pas dire vraiment quelle est l’étincelle qui a fait que nous avons voulu démarrer le tir à l’arc. On a choisi un club de vacances en été où il y avait du tir à l’arc parce qu’on voulait tester la discipline. On est parti dans un club de vacances à l’étranger, et on a eu la chance d’avoir un moniteur, un animateur de tir à l’arc qui nous a fait aimer la discipline. Quand on est rentré de vacances, la première chose qu’on a faite était de s’adresser à la Fédération Française pour obtenir l’adresse des clubs les plus proches de notre domicile.

 

Mais tu habites à Saint-Ouen.

J’habitais Montreuil à l’époque.

 

Alors vous étiez dans la compagnie de Montreuil?

On était à la Première compagnie de Montreuil. Nous avions retenu au départ trois numéros de téléphone: la Première compagnie de Montreuil, la Deuxième, et la Première de Fontenay. Le hasard a voulu que la Première de Montreuil nous ait répondu. Comme cette compagnie a été fondée en 1803, ou en 1801, sans le savoir on allait tomber dans une compagnie traditionnelle avec un jardin d’arc, des chevaliers, tous les rites concernant le tir à l’arc, et non pas purement une discipline.

 

Le tir à l’arc, pour toi c’était d’abord un sport?

Oui.

 

Ensuite tu as découvert les traditions.

Oui, on n’a pas eu de problème d’intégration au niveau de la compagnie, parce que les traditions, on les avait déjà en nous dans la mesure où, en ce qui me concerne, la vie collective dans un club, que ce soit dans un club ou dans une compagnie, c’est pareil. Vaquer à l’entretien de la compagnie, d’un club, c’est la même chose. La convivialité, on l’a ou on ne l’a pas. Ces choses-là, on les avait au préalable, alors on n’a pas eu de problème pour s’intégrer. Il y a vingt-cinq ans je faisais du canoë-kayak; en ce temps-là la Mairie nous avait octroyé un local: on construisait nos bateaux, on entretenait nos locaux, on réparait nos bateaux. Ça ne nous avait jamais posé aucun problème.

 

Cela ressemblait aussi à une compagnie, le canoë-kayak? Les gens se connaissaient entre eux?

Un peu, oui. C’était le lieu de rendez-vous.

 

Donc dans un sport tu cherchais la convivialité.

Oui, c’est encore plus que nécessaire.

 

Au départ comment es-tu devenu chevalier dans le tir à l’arc? Tu avais pris des responsabilités dans les autres sports?

Non, pas du tout, mais devenir chevalier dans une compagnie, logiquement, d’après ce qu’on peut voir dans les écrits, c’est une démarche personnelle. Pour nous, cela n’a pas été une démarche personnelle, cela a été une proposition des autres chevaliers, suite à notre comportement général, notre état d’esprit. La particularité de notre Famille, des vraies compagnies, c’est que le bureau est composé uniquement de chevaliers. Les votants, les gérants de la compagnie sont des chevaliers. Compte tenu de notre comportement à ma femme et moi, puisqu’on a été nommés chevaliers ensemble, on avait été jugé aptes; et de par ma nature d’enseignant sportif, on prenait des responsabilités facilement.

 

Vous avez fait ça pour mieux vous intégrer dans la compagnie.

Oui, ça s’est fait naturellement.

 

Au fond, que représente pour toi le fait d’être chevalier?

Cela a été le point de départ de quelque chose; pas un aboutissement. Cela m’a permis d’aller découvrir d’autres choses que je ne connaissais pas puisqu’on ne pouvait pas les dire. Il y a des choses qu’on ne peut pas savoir quand on n’est pas chevalier, des rites secrets et autres. Cela m’a permis de converser avec des anciens qui s’intéressaient de plus près à la tradition, à la chevalerie. J’estime surtout qu’il y a beaucoup plus de devoirs que de droits, parce qu’être chevalier, c’est montrer l’exemple. Pour moi, ça dépend de l’individu; il y a des individus qui sont chevaliers parce que ça fait bien d’être chevalier; pour moi ce n’est pas le cas du tout. C’est quelque chose, ça fait partie de ma vie intégrante, de ma vie religieuse également. C’est me remettre en question tous les jours pour essayer de me dépasser.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans la chevalerie. D’après ce que j’ai compris c’est surtout la convivialité. Est-ce que la chevalerie, c’est pareil que le tir à l’arc?

Non, c’est différent. On peut faire une distinction: le tir à l’arc fait partie de la chevalerie, la chevalerie fait partie du tir à l’arc. Ce n’est pas parce qu’on est un bon tireur qu’on sera chevalier, et vice versa. Ce qui me plaît dans la chevalerie, c’est que quelque part ça m’oblige à être quelqu’un, à être droit à tous les instants, donc peut-être que ça m’évite d’avoir des égarements. On s’en rend compte et c’est capital. Ça me permet aussi de m’intéresser à notre histoire, à l’histoire de l’humanité, puisque la chevalerie remonte au Moyen Âge, c’est notre patrimoine. J’estime que je dois transmettre... au XXème siècle, car on n’est plus au XVème siècle. Il s’agit aussi d’harmoniser et d’actualiser. On n’est plus au Moyen Âge. Il faut faire avec. Le problème à l’heure actuelle est qu’il y a beaucoup de départements tels que nous, le 92, qui découvrons, qui essayons de se mettre à la chevalerie. Mais c’est difficile pour eux, parce qu’ils n’ont pas l’antériorité du vécu. Quand il y a une tradition dans les compagnies telles que Saint-Pierre-Montmartre, Montreuil, ce sont de vieux logis, les murs parlent, ils ont vu passer beaucoup de personnes. Il y a des registres, des choses qui n’existent pas ailleurs. La chevalerie n’est pas vécue de la même manière, beaucoup plus à l’intérieur de la compagnie qu’à l’extérieur.

 

C’est-à-dire " à l’extérieur "?

Il y a certaines personnes qui montrent à l’extérieur qu’elles sont chevaliers, alors que normalement on n’a pas à le montrer. Ce n’est pas un grade mais plutôt un titre honorifique, au contraire, qui récompense, si on peut appeler ça comme ça, des " qualités ". Mais une fois qu’on est chevalier, on ne doit pas le montrer aux autres.

 

Alors c’est un paradoxe d’être chevalier, parce que d’un côté il faut être très discret, mais de l’autre côté il faut donner le goût aux autres de cette éthique.

Non, ce n’est pas un paradoxe, parce que bien se tenir, montrer l’exemple, c’est bon, sans faire plein d’histoires. A partir du moment que les gens nous connaissent à peu près, on n’est pas obligé de leur dire qu’on est chevalier; le comportement général extérieur suffit à lui-même.

 

A Saint-Cloud, la situation évolue: les chevaliers sont encore en minorité, et ils essaient d’agrandir la compagnie du point de vue des membres.

C’est le but.

 

Le but, c’est de faire de Saint-Cloud une compagnie?

Je ne sais pas exactement parce que je ne fais pas partie du plan de départ. Mais je dirais que il est quasiment à l’heure actuelle impossible de faire de Saint-Cloud une compagnie.

 

Pourquoi?

Parce que d’une part, il manque des éléments importants tels que le jardin d’arc avec ses traditions, le logis qui n’existe pas non plus; c’est très important. Il suffit de faire la comparaison avec par exemple: dans une famille, en tant qu’enfant quand on arrive un tant soit peu à vivre certains moments privilégiés dans une maison de grand-parents ou d’arrière-grands-parents avec tout ce que ça comporte comme souvenirs et comme traditions, on ne peut pas vivre autrement ailleurs. Quelqu’un de la DASS qui n’a jamais eu de famille, qui n’a jamais eu de points d’attache, qui ne sait pas d’où il vient... Il est certain qu’il faut un point de départ, il faut créer ce point de départ. Mais pour l’instant à Saint-Cloud, les conditions ne sont pas requises.

 

C’est-à-dire que si vous construisiez un logis maintenant, il ne serait pas assez historique.

Si, il sera historique pour le futur. Il ne faut pas penser que pour soi, il faut penser à ceux qui viennent. Mais toute cette tradition qui vient de très loin, elle a déjà un passé, et le passé ce sont les fondations. Après, tout ce qu’on va faire derrière sera l’étape supérieure. Mais ce ne seront pas les fondations. J’ai peur que, au fur et à mesure que les gens colportent certaines paroles, les paroles se déforment, et la tradition avec. Elle n’est pas vécue telle qu’elle devrait être vécue. Il y a des gens qui connaissent un petit peu parce qu’ils en ont appris un petit peu. Mais nous qui avons eu la chance de côtoyer certains anciens qui ont quarante ans de tir à l’arc, d’avoir eu accès à des registres qui ont plus d’un siècle, c’est important. Je pense que le vécu a quelque chose de très important. Ça ne nous empêche pas d’essayer de créer quelque chose qui nous appartienne quand même. Il faut voir au point de vue état d’esprit comment ça peut être développé.

 

Mais comment vous réunissez-vous pour le moment, puisque vous n’avez pas de logis?

Les réunions, c’est pas compliqué: quelque fois ça se déroule dans le bureau du gymnase, à porte fermée, ou quelque fois on se réunit dans une salle de réunion de la ville ou d’ailleurs. Ce n’est pas un problème. Mais c’est très impersonnel.

 

Jamais chez l’un de vous?

Non, jamais chez l’un de nous.

 

C’est étrange! Pourquoi?

Ça nous arrive de nous recevoir. Mais pas spécialement dans le but d’une réunion de chevaliers. Ça fait partie de la convivialité extérieure. Parce qu’il y a autre chose: Alexandre n’a pas à entendre certaines paroles. Quand on fait nos réunions, entre nous, on raconte certaines choses qu’il n’a pas à savoir.

 

Il a le droit de rester là, quand même? (Alexandre nous écoute attentivement, assis à côté de son père.)

Tout ce que je te dirai, il peut l’entendre, ça ne porte pas à conséquences.

 

Tu as appartenu à d’autres compagnies. Mais maintenant tu crois que tu pourrais changer de compagnie?

Oui, bien sûr, si la nécessité pour des raisons géographiques se fait sentir.

 

Mais tu garderais des liens?

En ce qui me concerne, on a toujours des liens avec Montreuil, à tel point qu’on va toujours, comme on dit, " tirer le prix général " de Montreuil. On fréquente toujours certaines personnes de Montreuil, on se reçoit entre amis. La porte de la compagnie de Montreuil nous est grande ouverte. A ce moment-là un changement de compagnie n’est pas un problème.

 

Tu m’avais dit qu’avec une compagnie, ça s’était mal passé. Avec eux vous avez coupé toute relation?

" Couper ", c’est un bien grand mot. Quand on vient, on fait le tour. Il faut savoir être diplomate, et puis il faut savoir être discret. Le but n’est pas non plus de créer des scissions. Bon, il y en a où on n’est pas d’accord, c’est tout, on s’en va. Et puis si ça devait recommencer, ça recommencerait. Ça pourrait être plus grave. Il ne faut pas avoir peur de ses opinions. Quand ça ne va plus, ça ne va plus.

 

Alors comment as-tu choisi Saint-Cloud?

Saint-Cloud était à côté de Suresnes. Et vers une certaine époque, quand on habitait Suresnes, on connaissait Christiane et Alain C. qui nous apparaissaient comme des gens sympathiques. On n’avait pas envie de repartir. On avait commencé à prendre ce trajet-là. Ça nous paraissait logique: on a demandé la permission de venir à un entraînement un vendredi soir. Ça nous a plu. Par la suite, Alain et Christiane ont demandé aux adhérents de Saint-Cloud s’ils nous acceptaient, dans la mesure où on est arrivé en fin d’année, et avec des problèmes, entre parenthèses.

 

Mais pour les débutants on ne demande pas.

Non. Pour nous, c’était un peu différent.

 

Parce que vous étiez déjà chevaliers.

Non, pas nécessairement. Mais ils voulaient savoir si les adhérents étaient d’accord pour qu’on vienne de Suresnes.

 

Ça ne se passe pas souvent comme ça?

Non. Malgré tout il y a toujours une permission à demander. Maintenant il y a un peu plus de chevaliers. Peut-être qu’à Saint-Cloud il n’y en avait que un ou deux: le fondateur et Alain. Peut-être que maintenant on réunirait le conseil des chevaliers, et les membres du bureau pour donner notre avis.

 

Le conseil des chevaliers et le bureau, c’est différent?

Ça n’a rien à voir avec la gestion d’une compagnie réelle.

 

Le bureau.

Le bureau, et le reste aussi. Le bureau, c’est la partie associative du club. Dans une compagnie, pour être reconnu au niveau légal, elle est déclarée association loi 1901, mais le bureau est composé essentiellement de chevaliers. La compagnie est gérée par les chevaliers.

 

Donc le conseil des chevaliers et le bureau ont la même fonction.

Dans une vraie compagnie, mais pas à Saint-Cloud. Ça n’a rien à voir. A Saint-Cloud, à Suresnes, à Rueil, partout, sauf à SPM (Saint-Pierre-Montmartre). C’est une tradition qui est jeune dans le département. Certaines personnes essaient de la faire rentrer. On peut essayer; il ne faut pas non plus aller trop vite. Quand on arrive dans une compagnie et qu’on sait que le bureau est composé de chevaliers, ça ne pose aucun problème. Tandis que là, si on a recours au bureau pour faire chevalier, c’est là où il y a des problèmes; sachant que tout ce monde-là peut être sympathique.

 

Il sont six dans le bureau à Saint-Cloud?

C’est la base légale, normale, ils sont trois: le président, le secrétaire, le trésorier.

 

A l’Assemblée Générale, ils étaient six derrière la table.

Oui: le président, le trésorier, le secrétaire, plus les adjoints. Éventuellement, on peut agrandir à un responsable sportif ...

 

Et ils s’occupent de la partie associative, c’est-à-dire de l’organisation des compétitions, etc.

Dans le bureau, oui.

 

Le critère pour une " vraie " compagnie, c’est donc quand le bureau est en même temps le conseil des chevaliers?

Oui, si on peut appeler ça comme ça, car c’est de fait. Ça toujours été comme ça, c’est immuable. Et dans les compagnies, la personne qui est " le roi " fait automatiquement partie du bureau.

 

Là, c’était Ludovic, et il a arrêté le tir à l’arc pour un moment. Il revenait pour les réunions?

Non, il a participé longtemps comme un autre. Saint-Cloud, c’est à part.

 

Est-ce que tu trouves qu’il y a une certaine homogénéité dans le club?

Oui, c’est la convivialité, la mixité, une certaine tenue, un certain respect du club. Dans la chevalerie, tout ça se fait de manière naturelle. Pour certains il y a un aspect sportif, pour d’autres il y a un aspect traditionnel qui est peut-être plus important. A chacun de trouver la place où il se sent bien. C’est à nous, aux chevaliers, de veiller au bon ordre de tout ça, de façon à ce que tout soit en harmonie, à ce que aucun ne soit pas délogé d’une manière intempestive. Il ne faut pas que la tradition étouffe le tir à l’arc ni que le tir à l’arc écrase la tradition. C’est le principe du respect du club.

 

Parfois il y a de véritables conflits personnels!

Oui, comme partout, inévitablement, surtout à l’heure actuelle. La vie devient difficile, les gens sont tendus. Il y a forcément des conflits d’autorité ou de personnes. Il y en a partout malheureusement.

 

Quelque chose m’a étonnée. Je pensais que Saint-Cloud était un club...

C’est un club!

 

Le fondateur était chevalier, mais il voulait que le club reste " laïque ", qu’il ne soit pas complètement traditionnel. Ce n’est pas lui qui a introduit la tradition?

Quand on parle de laïcité: dans le règlement intérieur des compagnies, l’article 1 mentionne que dans toute les compagnies on n’a pas le droit de parler ni de politique, ni de religion.

 

Mais qui a introduit la tradition? Comment c’est venu à Saint-Cloud?

Je ne sais pas. Je pense que c’est plutôt rare. C’est Alain (le capitaine) qui par son état d’esprit a voulu, parce que ça lui plaisait. Et par la force des choses aussi: sans rien demander à personne il y a eu des chevaliers comme Jean-Pierre, Françoise et moi qui sommes arrivés. Et on venait déjà d’une autre " Famille ", on avait des connaissances traditionnelles, entre autres. Il y a un voeu de continuité. Quand on est chevalier, en général quand on quitte une compagnie ancienne, on cherche à s’apparenter à une association qui pratique.

 

Tu crois qu’il y a un développement de la chevalerie en ce moment?

En général?

 

En général. Il m’avait semblé que dans les années 60 ou 70 cela s’était un peu endormi, et en ce moment cela a l’air de renaître. Est-ce que c’est ton opinion?

Alors là, c’est une question. Franchement, je ne sais pas. Peut-être parce qu’on en parle un peu plus. Dans le temps, c’est des choses qui, à la limite, ne se savaient même pas, qu’on était chevalier. C’était vraiment très caché, tenu secret. Ça ne veut pas dire que maintenant ce soit dit. De tout temps dans les compagnies il y a eu des chevaliers. Peut-être que maintenant ça se développe plus par le fait que certains clubs veulent devenir compagnie et s’intéressent aux traditions. Dans le 92, ça n’existait pas, et dans le 78, c’était pareil.

 

Quels sont les départements où les compagnies sont les plus anciennes?

La Picardie, l’Aisne, la Somme, la Seine-et-Marne.

 

Cela descendait jusqu’à Paris?

Oui, Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, et puis Montreuil qui fait partie des plus vielles compagnies. Comme les compagnies ont été dissoutes en 1789, après la Révolution, ce sont ceux qui ont gardé la tradition qui sont repartis. Il y a un livre dessus.

 

Le rapport de la chevalerie à la ville et à la campagne: est-ce que tu crois qu’elle est attirée par la ville, qu’on trouve de plus en plus de chevaliers en ville, et non plus à la campagne?

Il est bien certain qu’avec la désertification rurale, logiquement ça suit, ça va dans le même sens. Il ne faut pas oublier que dans chaque petit village de Picardie, il y a (encore maintenant) une compagnie, un jardin d’arc, et des chevaliers qui sont ceux forcément qui habitent dans cette région. Mais comme on subit une mutation dans ce domaine-là, on peut supposer qu’on retrouve beaucoup de chevalerie parmi les citadins. Ce n’est pas un phénomène spécial de la chevalerie, c’est un phénomène social tout court.

 

Ça veut dire que dans les villes, on a besoin de se retrouver avec des amis, et la chevalerie dans les compagnie est naturellement utile pour cela?

Oui, ça pourrait être le cas. A la limite, comme je l’expliquais au début de l’entretien, c’est simplement un processus de convivialité, qu’il soit traditionnel ou non. C’est un procédé qu’on retrouve dans tous les clubs sportifs. C’est pour cela qu’on n’a pas eu de mal à s’intégrer parce qu’on n’a pas changé de mentalité, on a toujours fait ce qu’on avait à faire comme on le faisait avant. (silence) Non, ce n’est pas nécessairement ce problème. Je ne sais pas exactement. C’est vrai que les gens ont envie de se retrouver, mais quand ça ne se passe pas bien, ils n’ont pas envie de se retrouver non plus! Surtout avec le tir à l’arc on est en train de vivre une mutation assez rapide et exceptionnelle: les exploits sportifs réalisés par le haut niveau... Une tendance fait que avant, les gens accédaient facilement à des niveaux tels que le championnat de France ou le championnat régional, tandis que maintenant ça devient de plus en plus dur. Les gens ont de plus en plus de mal à accepter cette situation d’échec ou de réussite. Il faut voir comment les individus réagissent face au problème, s’ils l’acceptent ou s’ils ne l’acceptent pas. A l’échelle sociale, on est tellement hiérarchisé que même dans le tir à l’arc il y a un phénomène de reconnaissance de la performance: celui qui ne tire pas bien, il se sent exclu, regardé des autres, il ne se sent pas à la hauteur. Tout ça fait partie des phénomènes qu’on retrouve dans la vie active: il y les dirigeants, les cadres, les salariés, ceux qu’on appelle les ouvriers, la main d’œuvre. On peut retrouver le même genre dans le tir à l’arc. Avant tout, dans n’importe quel courant de la vie, où que tu sois, il faut savoir vivre pour soi-même, pour les autres mais vis-à-vis de soi-même, pas vis-à-vis des autres. Le tir à l’arc fait justement partie d’un sport où il y a quelques années encore, je ne dirais pas que c’était un privilège, mais du fait de l’achat de matériel qui peut être conséquent au démarrage, on ne trouvait pas des mentalités très ouvrières, entre parenthèses.

 

C’étaient des gens riches qui pratiquaient le tir à l’arc?

Des gens riches, cela dépend où. Dans des communes rurales ils n’étaient pas riches. En région parisienne cela pourrait peut-être correspondre. Cela dépend de ce qu’on appelle " riche "; c’étaient des gens qui avaient déjà un certain revenu.

 

La chevalerie a-t-elle un rôle social à jouer à notre époque?

Bien sûr. Le rôle social est déjà de transmettre le meilleur de nous-mêmes, le meilleur de tout ce que nos ancêtres ont pu semer derrière eux: le respect de la parole, le respect des autres; ce sont des valeurs qui sont en train de se perdre petit à petit. La chevalerie, si rien ne se fait dans notre société, a un rôle à jouer, un rôle d’exemple. Nous autres chevaliers servons d’exemple par notre comportement, notre disponibilité, la connaissance des règles de sécurité sur un terrain de tir à l’arc. C’est apprendre aux jeunes et aux moins jeunes à se discipliner, à respecter la tradition et le sport en lui-même. La chevalerie n'est plus du tout une question de noblesse et de catholicisme, comme dans le temps. Avoir un comportement chevaleresque, ça veut dire beaucoup de choses.

 

Les chevaliers sont eux-mêmes " baptisés ", mais il y a aussi des " archers baptisés " qui portent une dague (ils ont subi une première initiation, étape préliminaire à la chevalerie).

C’est très spécifique, très peu de familles en ont. Mon sentiment personnel est que cela a été fait dans le but d’épater. Chez nous dans la Famille de Noisy-le-Sec à Montreuil cela n’existait pas. Les chevaliers étaient en civil, on n’avait aucun signe de reconnaissance si ce n’est les signes traditionnels que nous avons entre nous. Ceci, c’était l’apanage de quelques uns qui ont fondé des Familles, et qui voulaient se distinguer par rapport aux autres. C’est quelque chose qui ne me plaît absolument pas. Je l’ai accepté, parce que j’estime qu’à partir du moment qu’on accepte de faire partie d’un groupe, il faut aussi en accepter les conséquences.

 

Pourtant il faut une façon de se reconnaître entre chevaliers.

Entre chevaliers, on a un langage qui nous est propre. Un chevalier se noie facilement dans la masse des autres gens.

 

Quelles relations les chevaliers ont-ils entre eux? Et entre compagnies?

Si on doit aller dans des Familles traditionnelles, autres que celles qui existent dans le département, les relations sont fondées sur des visites qu’ils se font entre eux dans les compagnies. Il y a ce qu’on appelle " les Prix généraux ", des tirs qui se font chaque week-end. Chaque compagnie reçoit, ouvre son jeu aux chevaliers et aux archers d’autres compagnies pendant quatre ou cinq semaines. Il y a toujours une ou deux compagnies qui n’ouvrent pas leur jeu dans l’année pour des raisons des travaux ou autres. Mais en règle générale, tous les ans dans les Familles très traditionnelles qui possèdent des jardins d’arc, il y a des semaines d’ouverture où chaque adhérent à une compagnie peut se présenter pour tirer. Le but à ce moment-là est de rendre visite à l’autre compagnie, cela permet de faire connaissance avec ses chevaliers et ses archers. Jusqu’à maintenant c’étaient surtout les chevaliers qui " montaient les gardes ", qui gardaient le jeu pendant le week-end, parce que c’étaient eux qui avaient accès à des registres, qui connaissaient les règles de sécurité, qui pouvaient gérer le jeu. Comme c’étaient eux les responsables, ils avaient le droit de gérer le jeu. Il y a ce principe-là, mais il y a aussi un autre principe: le Bouquet, un rassemblement d’archers de compagnies. Dans le temps, les Bouquets provinciaux étaient faits surtout à l’échelle cantonale, du fait que les gens avaient peu de moyens pour se déplacer, au XIXème siècle par exemple. Le Bouquet, c’était pour réunir. Cela s’appelait " Fleur cantonale ".

 

La Fleur, c’était un petit Bouquet, cela rassemblait moins de compagnies?

Oui. Dans le temps, c’est resté à l’échelon cantonal parce que les gens n’avaient pas le moyen de se déplacer. Mais il y avait un Bouquet aussi. Maintenant c’est devenu le Bouquet provincial, avec obligation d’aller tirer le Bouquet pour participer aux championnats de France Beursault. Pour moi ce n’est pas le but. Le but, c’est d’aller faire corps avec les archers, et d’avoir plaisir à être ensemble. C’est aussi un moment privilégié pour retrouver les gens qu’on n’a pas vu depuis longtemps.

 

Au niveau de la Fédération, ils ont envie de reprendre les traditions puisqu’ils rendent obligatoire le tir au beursault.

Ce n’est pas qu’ils ont envie, c’est pour permettre à la tradition de vivre. La Fédération Française est issue des traditions, non pas le contraire. Elle a été créée à l’origine par ce qu’on appelait la Ronde des Familles d’Île-de-France. Petit à petit cela a pris le nom de fédération; c’est surtout reconnu du Ministère de la Jeunesse et des Sports, mais au préalable ce n’était que tradition, ce n’était pas un sport olympique.

 

Elle ne veut pas renier ses origines!

Non, et je ne pense pas qu’elle pourra le faire de toute façon. Le fait d’obliger les gens à passer par le Bouquet provincial pour être sélectionné, c’est une obligation pour éviter le surnombre, et aussi c’est une forme de respect. Il y a des gens qui ne sont pas du tout traditionnels; on les oblige un petit peu à aller voir ce que c’est quand même.

 

Au Bouquet c’était intéressant de voir que clubs et compagnies étaient confondus. Ils étaient tous là en tant que compagnies.

Oui, tout-à-fait. C’est l’archerie qui doit être représentée.

 

Dans le fond, il n’y a pas de différences entre compagnies et clubs, c’est seulement formel?

Oui. Mais il faut être très vigilant et connaître: il y a des clubs qui viennent défiler avec leur drapeau uniquement pour leur permettre de tirer aux championnats de France. La tradition, ils en ont rien à faire du tout. Ils viennent là parce qu’il faut présenter le drapeau et tirer le beursault. Ce n’est pas la totalité mais j’en connais certains qui ne viennent que pour cela.

 

Et pour dire bonjour aux amis?

Oui, cela n’empêche pas. Mais il ne faut pas être fleur bleue à ce sujet-là. Il faut être très vigilant. Je suppose que le jour où on ne fera plus de championnat de France Beursault, ce passage obligatoire par le port du drapeau pourrait trouver un certain pourcentage en moins aux défilés. C’est justement le rôle des chevaliers de garder la tradition et l’esprit de convivialité qui y existe.

 

Les chevaliers forment déjà une grande famille. Mais parlez-vous de chevalerie à la maison en famille?

Oui, certainement, du fait qu’on a la chance d’être trois archers sur trois: deux chevaliers et un archer baptisé. On en parle, d’autant plus que maintenant j’en ai fait mon métier. On le vit. On en parle car on est obligé à l’heure actuelle, cela fait partie du comportement de la vie moderne. Il y a des gens qui dérapent et quelque part cela nous fait mal. Comme on le vit au présent, en permanence, on ne peut pas ne pas en parler. On en parle de toute façon parce que cela nous prend à coeur. Quand on parle de tir à l’arc en famille, on parle aussi sport, on ne parle pas que traditions. On ne parle pas chevalerie avec Alexandre: il connaît certaines choses mais pas tout. Il y a des choses dont on parle uniquement entre moi et Françoise. On a des réunions de chevaliers, des thèmes, des rédactions à préparer.

 

Vous passez tous vos week-end à faire du tir à l’arc ou à rencontrer les autres archers?

Pas spécifiquement, parce qu’à un moment donné, il ne faut pas renier le reste: la famille proprement dite. Il y a une décompression qui s’opère également. On l’a vécu, on a fait beaucoup de compétitions: c’est draconien, tous les week-ends! Il y en a qui le vivent très bien. Par exemple Jean-Pierre, il n’arrête pas: toute l’année ils sont en permanence en compétitions. C’est sympathique, c’est vrai. Mais je pense qu’à un moment donné on a besoin de se replier un peu sur le couple, sur la famille, sur soi-même, s’isoler un petit peu.

 

Si le reste de votre famille ne fait pas du tir à l’arc, ils ne peuvent pas vous comprendre?

Ils ne comprennent pas et ils ne nous voient pas souvent.

 

Ils ne vous voient jamais tirer à l’arc?

Pas trop, une fois de temps en temps. Quelques fois ils regrettent qu’on ne soient pas assez disponibles pour des réunions de famille. On essaie quand même de respecter nos obligation. Je sais que par moment on a besoin de décompresser, surtout quand il y a des problèmes. Comme j’ai expliqué tout à l’heure il y a forcément des problèmes de personnes comme partout. Il y a certains moments où on n’a pas envie de se retrouver avec certaines personnes. Ce n’est plus un loisir ni une détente.

 

On a eu la surprise au tir de roi de vous entendre annoncer que vous aviez démissionné de la Famille d’Île-de-France. Comment avez-vous décidé cela? Tu m’a déjà expliqué les raisons de ce choix, mais comment s’est-il préparé à l’intérieur du groupe des chevaliers? Et pourquoi avoir choisi ce nom de Famille des Parisii?

Je ne pourrais pas te répondre sur les causes véritables qui ont fait que la Famille des Parisii a été créée. Ce sont des choses internes. Ce n’est pas que je ne peux pas les divulguer, mais je n’ai pas envie de le dire. Je veux que cela reste entre nous. La Famille des Parisii a été choisie parce que lors d’une réunion on avait demandé aux gens de réfléchir pour choisir un nom, des gens ont fait des recherches. Plusieurs noms ont été proposés. Il y a eu un vote, et le nom qui a retenu le plus de votants a été choisi.

 

As-tu une phrase de conclusion pour terminer cet entretien sur l’essentiel du tir à l’arc et de la chevalerie?

Comme on dit en chevalerie, on doit se conduire dans la vie comme on essaie de tirer une belle flèche. C’est la quête perpétuelle de l’absolu qu’on n’atteindra jamais.

 

 

 

Questionnaire

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Question 1: Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de faire du tir à l’arc ?

a: j’en ai fait en vacances

b: quelqu’un de ma famille en faisait déjà

c: j’en ai vu ou essayé pendant une manifestation sportive

d: autre, précisez: __________________________________________________

 

 

 

Q 2: Combien de temps par semaine y consacrez-vous actuellement?

a: ½h à 2h c: 4h à 10h

b: 2h à 4h d: plus

 

 

Q 3: Pratiquez-vous d’autres sports que le tir à l’arc? a: non

b: oui. Lesquels? ___________________________________________________

 

 

Q 4: Faisiez-vous partie d’autres clubs ou compagnies avant celui-ci? a: non

b: oui. Lesquelles: _________________________________________________

 

 

Q 5: Comment avez-vous découvert ce club?

a: vous habitez à Saint-Cloud ou dans une ville proche

b: vous y aviez des amis ou parents

c: il est proche de votre lieu de travail

d: autre, précisez: ________________

 

 

Q 6: Qu’est-ce qui vous plaît dans ce club? (numérotez de 1 à 5)

[ ] a: l’endroit [ ] b: les instructeurs sont sympas

[ ] c: l’entraînement y est sérieux [ ] d: vous aimez l’atmosphère qui y règne

[ ] e: autre, précisez _____________________________

 

 

Q 7: Êtes-vous la seule personne à faire ce sport dans votre famille? a: oui

Sinon, combien d’autres? b: une c: deux d: trois et plus

 

 

Q 8: Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le tir à l’arc? (numérotez de 1 à 6)

[ ] a: l’effort physique [ ] d: le lieu

[ ] b: la technique [ ] e: les traditions

[ ] c: retrouver vos amis [ ] f : autre: ________________

 

 

Q 9: Dans quelle ville habitez-vous? _____________________________

 

 

Q 10: Quelle est votre profession ?

a: patron ou artisan b: cadre sup. ou profession intellectuelle

c: employé d: technicien ou profession intermédiaire

e: ouvrier f: commerçant

g: retraité h: étudiant, lycéen, collégien

i: sans profession

 

 

Q 11: Quelle est celle de vos parents ? (s’ils sont retraités, mettez leur ancienne profession)

- de votre père: ________(mettez la lettre correspondante, cf. Q.10)

- de votre mère: ________

 

 

Q 12: Vous êtes: a: un homme b: une femme

 

Q 13: Quel âge avez-vous? _______ ans

 

 

 

 

Résultats

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Dépouillement du questionnaire 'Tir à l'arc' sur la compagnie de Saint Cloud

Réponse

a

b

c

d

e

f

g

h

i

Total

Question 1

Vacances

Famille

Manifestat

Autre

Idée d'en faire

13

30,2%

8

18,6%

6

14,0%

16

37,2%

43

Question 2

1/2 h à 2h

2h à 4h

4h à 10h

plus ...

Temps/semaine

17

39,5%

14

32,6%

9

20,9%

3

7,0%

43

Question 3

NON

OUI

Autre sport ?

12

27,9%

31

72,1%

43

Question 4

NON

OUI

Autre club ?

23

53,5%

20

46,5%

43

Question 5

Ville proche

Amis ou Parents

Travail proche

Autre

Pourqoi ce club

24

55,8%

15

34,9%

1

2,3%

3

7,0%

43

Question 6

1er choix

2° choix

3° choix

4° choix

5° choix

Endroit

5

14,7%

8

23,5%

3

8,8%

16

47,1%

2

5,9%

34

Sympa

12

32,4%

8

21,6%

12

32,4%

4

10,8%

1

2,7%

37

Sérieux

7

18,9%

7

18,9%

12

32,4%

9

24,3%

2

5,4%

37

Atmosphère

23

57,5%

8

20,0%

5

12,5%

1

2,5%

3

7,5%

40

Autre

4

44,4%

1

11,1%

0,0%

1

11,1%

3

33,3%

9

Question 7

Seul

En famille

Seul ou famille

21

48,8%

22

51,2%

43

1 autre

2 autres

3 et plus

En famille avec

2

9,5%

6

28,6%

13

61,9%

21

Question 8

1er choix

2° choix

3° choix

4° choix

5° choix

6° choix

Effort physique

4

10,8%

11

29,7%

4

10,8%

11

29,7%

6

16,2%

1

2,7%

37

Technique

22

56,4%

3

7,7%

6

15,4%

5

12,8%

3

7,7%

0,0%

39

Amis

10

26,3%

6

15,8%

13

34,2%

4

10,5%

5

13,2%

0,0%

38

Lieu

2

5,9%

5

14,7%

5

14,7%

9

26,5%

11

32,4%

2

5,9%

34

Traditions

7

20,0%

8

22,9%

7

20,0%

3

8,6%

7

20,0%

3

8,6%

35

Autre

5

55,6%

1

11,1%

2

22,2%

0,0%

0,0%

1

11,1%

9

Question 9

St Cloud

Limitrophe

Autre

Résidence

17

39,5%

13

30,2%

13

30,2%

43

Questions 10-11

Patron

Cadre sup.

Employé

Technicien

Ouvrier

Commerçant

Retraité

Etudiant

Sans prof.

Profession

0,0%

5

11,6%

7

16,3%

7

16,3%

2

4,7%

0,0%

2

4,7%

18

41,9%

2

4,7%

43

Prof. père

4

10,8%

17

45,9%

8

21,6%

1

2,7%

2

5,4%

3

8,1%

2

5,4%

0,0%

0,0%

37

Prof. mère

0,0%

5

12,5%

8

20,0%

4

10,0%

1

2,5%

3

7,5%

1

2,5%

0,0%

18

45,0%

40

Question 12

Homme

Femme

Sexe

28

65,1%

15

34,9%

43

Question 13

- de 18 ans

18 à 25 ans

26 à 35 ans

36 à 45 ans

46 à 55 ans

+ de 55 ans

Age

16

37,2%

5

11,6%

8

18,6%

6

14,0%

5

11,6%

3

7,0%

43

 

 

Question 10: " Profession de l’archer ". Employés, Techniciens et Ouvriers forment 37 %, soit trois fois plus que les Cadre sup. Ce camembert tient compte de tous les archers du plus jeune (8 ans) au plus vieux (70 ans): dans la catégorie " Etudiant ", il n’y a un seul étudiant, tous les autres sont des écoliers Il est important de les garder ici pour comprendre le grand nombre de pères " cadre sup. " dans la question suivante.

 

Question 11: " Profession de la mère ". La part des " Sans profession " est importante, les femmes dans la première moitié du XXème siècle ayant travaillé moins qu’aujourd’hui. Leur nombre est augmenté des mères d’archers enfants, femmes de cadre sup. Remarquons que Ouvrières, Employées et Techniciennes forment ensemble 32 %.