Introduction
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Introduction Partie I Partie II Partie III Conclusion

 

Université Paris V - Sorbonne

Maîtrise d'Anthropologie sociale et culturelle

zizi

Note de recherche

d’Ethnozoologie

 

Licorne de Mer ou Licorne de Terre:

le Narval

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par

Mireille DIDRIT

 

dirigée par Raymond PUJOL

septembre 1996

  

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La licorne reste synonyme de mystère profondément jusque dans l’époque contemporaine. Cf. la fameuse bande dessinée Tintin de Hergé. Dans Le secret de la licorne, un vaisseau de pirates qui avait pour nom "La Licorne" a sombré au XVIIIème siècle, engloutissant avec lui un fabuleux trésor, à la recherche duquel se lanceront Tintin et le capitaine Haddock.

 

 

Introduction

Unicornis, monoceros ou k’i-lin... Tout le monde a entendu parler de la licorne, à toutes les époques et sur tous les continents les artistes l’ont représentée, sa corne levée vers le ciel, augure de puissance ou de fertilité. Appartenant à la mythologie, son mystère tenait dans le fait que les gens croyaient en elle comme dans un être de chair et de sang, vivant quelque part dans un pays lointain. D’ailleurs sa corne le prouvait! On trouvait de ces " cornes de licornes " partout en Europe sans connaître leur provenance; il était facile aux marchands de prétendre qu’elles venaient du mythique animal.

 

La bête qui produisait les cornes de licorne, vendues fort cher dans les boutiques d’apothicaire jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, n’était autre que le Narval, Monodon monoceros, inoffensif cétacé vivant au large du Groenland. Mais les progrès accumulés dans la connaissance scientifique du monde animal ne permirent qu’assez tard de le connaître. Vivant dans les eaux glacées de l’Arctique où son étude était difficile, il resta longtemps une demi-énigme.

 

N’y a-t-il aucun rapport entre la licorne imaginaire et le narval, à part la corne? La découverte de ce cétacé de l’Arctique ne manqua pas d’accélérer l’agonie de la première dans les esprits. On découvrira avec Roger Caillois que le développement du mythe de la licorne s’enracine dans la fascination humaine pour l’unicité et la symétrie. Car, avec cette dent démesurée à la mâchoire gauche, la nature a complètement dépourvu le Narval de symétrie, une symétrie que pourtant l’imaginaire populaire donnera à la licorne.

 

Pour éclairer ces interrogations, nous explorerons:

- le mythe de la licorne sous toutes ses formes, européenne, asiatique et moyen-orientale; l’étrange relation à l'élément aquatique que partagent toutes ces licornes;

- les étapes de la découverte du narval et l’aspect de l’animal lui-même;

- la relation de proximité que l’homme a tissée avec ce cétacé dans la région où il vit: les Esquimaux, du Groenland à l’Alaska, le chassent depuis la nuit des temps.

Quel est donc le rôle de ces intermédiaires dans la transmission ou l’élaboration du mythe de la licorne sur le continent européen?

 

L’auteur ayant avant tout une formation d’anthropologue plutôt que de naturaliste, c’est cet aspect d’anthropologie de l’imaginaire forgé autour d’un animal resté longtemps mystérieux, qui va le plus nous intéresser. (Et nous espérerons être pardonné de ne pas connaître toutes les conventions d’écriture qui existent dans le domaine des science de la nature.)

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